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mars 2010

Ouzbékistan - Raconte-moi la Route de la Soie -

Khanifa, conteuse de rue

En Ouzbékistan, nous sommes allés de villages en villages en quête d’un conteur,
mais jamais on ne trouvait. Quand finalement, presque désespérés, nous sommes arrivés devant une maison ou des femmes discutaient entre elles. Elles étaient étonnées de notre présence et de notre requête. La plus jeune d’entre elles, Khanifa, nous a dit qu’elle aimait raconter des histoires à ses enfants et qu’elle voulait bien nous lire deux histoires que tous les enfants ouzbeks connaissent dès leur plus jeune âge.

Aussitôt, les villageois, les voisins se sont regroupés pour écouter ces belles histoires. En voici un aperçu.


UR, TO’QMOQ ! version française

Il était une fois un villageois très pauvre et très gentil mais qui n’avait jamais eu de chance.
Un jour, il décida de se rendre en ville pour se changer un peu les idées et il rencontra un vieil homme a qui il offrit un repas malgré sa pauvreté.

Le vieil homme pour le remercier lui donna un vieux bâton tout abime qui ne pouvait même pas servir de canne. Le villageois eu l’air étonné, mais le vieil homme lui expliqua qu’il s agissait d’un bâton magique. Que désormais, le bâton lui donnerait tout ce qu’il souhaiterait, argent, nourriture etc….mais qu’il ne répondrait qu’à ses ordres. Le villageois n’en croyait pas ses oreilles, il repartit dans son village très heureux.

Plusieurs mois passèrent et notre homme décida de partir en voyage, avec son bâton dont il ne se séparait plus mais dont il n’abusait pas.

En chemin, dans une maison ou on l’avait invite, il expliqua son histoire car il se croyait en toute confiance. Mais ses hôtes profitèrent de son sommeil pour lui voler son bâton. Ils le remplacèrent par un autre bâton sans pouvoir. Mais ce qu’il ne savait pas c’est que le bâton n’avait qu’un seul maitre.

Le lendemain matin, le voyageur reprit sa route et s’aperçut bientôt du vol. Il retourna dans la maison ou il avait dormi, en se cachant et donna l ordre a son bâton de donner une bonne correction aux voleurs « Tapes bâton, tapes » en ouzbek « UR TO QMOQ ».
Puis il rentra chez lui, tandis que les voleurs ne volèrent plus jamais.


Illustration de Valérie Pons

UR, TO’QMOQ ! version ouzbek

Bir bore kan, bir yo’q ekan. Olatog’ etagida bir chol bilan kampir yashar ekan. Ular parranda va hayvonlami ovlab, kun kechirar ekanlar.

Kuz payti ekan. Kunlardan bir kun cholning tuzog’iga kattakon. Laylak ilinibdi. Chol uni tuzoqdan chiqargan ekan, Laylak tilga kirib :
- Ota , meni qo’yib yuboring, men laylaklaming boshlig’i bo’laman, nima so’rasangiz, beraman, -debdi.
- Seni qanday topaman ? –deb so’rabdi chol.
- Olatog’ning orqasiga o’tib, kimdan so’rasangiz, uyimni aytib beradi, – debdi Laylakvoy.
Chol Laylakni qo’yib yuboribdi.
- Yaxshiligingizni unutmayman, – debdi Laylak uchib ketayotib.

Bahor yaqinlashibdi. Tuzoqqa hayvonlar ilinmay qolibdi, chol Laylakvoyni eslab :
- Bir borib kelay, nima bo’lar ekan, – debdi.
U Olatog’dan oshib o’tibdi. Yo’lda cho’ponlarni uchratibdi.

- Laylakvoy « So’raganingizni beraman » deb va’da qilgan edi, nima so’ray ? -debdi u.
- Ochil dasturxon »ni so’rang, otaxon, – deyishibdi cho’ponlar.
Chol Laylakvoyning uyiga yetibdi.
- Assalomu alaykum, Laylakvoy, va’daga binoan oldingga keldim, -debdi. Shunda Laylak :
- Istaganingizni so’rang, menga yaxshilik qilganlarni quruq qo’ymayman, – debdi.
- Menga « Ochil dasturxon » ni bersang, – debdi chol.
- Mana, oling, ota, – debdi Laylak hotamtoylik bilan.

Chol « Ochil dasturxon » ni olib, orqasiga qaytibdi. Yo’lda u bir qorni katta boyni ko’ribdi. Yo’l yurib charchagan chol boyga :
- Birodar, mana bu dasturxonimdan xabardor bo’lib turing, men biroz uxlab olay. Lekin « Ochil, dasturxon ! » deya ko’rmang, – debdi.
- Xo’p, – debdi ayyor boy. Chol uyquga ketishi bilan boy.

Illustration de Valérie Pons

Octin Tuyoqu Kiyik

Il était une fois un petit garçon qui vivait tout seul dans la foret. Il avait pour seul ami, un grand et vieux cerf qui l’aidait toujours. Un jour le petit garçon décida d’aller en ville. Mais les soldats du roi le voyant tout seul commencèrent a le chahuter, puis décidèrent de l’emprisonner et de le libérer uniquement contre un lingot d’or. Comme toujours le grand cerf vint a la rescousse de son ami et comme lui donna un lingot d or. Le roi et ses soldats voyant cela attrapèrent le cerf et lui ordonnèrent de leur donner de l’or et encore de l’or. Mais bientôt, le palais entier fut rempli d’or, puis les ruelles, plus personne ne pouvait bouger. Le roi implora le cerf d’arrêter mais celui ci n’écoutait pas. Le cerf et le petit garçon retournèrent dans la foret et au palais, le roi et ses soldats moururent d’avoir obtenu trop d’or.